12 septembre 2018

"La rose et le bourreau" de Patrick Pesnot aux Éditions l'Archipel

La rose et le bourreau

 

"La rose et le bourreau" de Patrick Pesnot aux Éditions l'Archipel

Patrick Pesnot : Un roman séduisant

 

La rose et le bourreau

Cancale, milieu du xviiie siècle. Orpheline de mère et fille de capitaine, Julienne ne supporte plus sa marâtre. Résolue à changer de vie, elle décide un jour de couper ses cheveux, en le les vêtements de son frère et se fait appeler… Henri.
En route vers Paris, la garçonne vit d’expédients, dort à la belle étoile et se fait connaître de la maréchaussée en laissant pour mort un aubergiste émoustillé par son androgynie… Elle est recueillie par un jeune abbé aussi bon qu’avenant. Arrivée à Paris, à court de ressources, elle cède aux avances d’un sergent recruteur qui l’engage dans l’armée du roi sous le sobriquet de « Sans-Souci ». La voilà engagée dans la campagne de Bohème, à travers Vosges et Forêt-Noire...

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Mon Avis Pollar

Milieu 18ème siècle, Cancale : Julienne au caractère affirmé et indépendant décide de quitter son foyer sur une dispute de trop avec sa belle-mère. Désormais, elle se fait appeler Henri et va au-devant de bien des aventures...

Patrick Pesnot nous propose ici un roman historique, sous le signe de l'aventure, de la liberté. Il y a quelque chose d'insolent, d'exaltant dans ce récit qui nous fait vivre d'intenses émotions.

On aime par-dessus tout le personnage de Juliette impétueux, vif, curieux. Il y a chez elle, une attraction sensible qui aimante ceux qui la frôle, la devine. Intelligente, elle brille par sa capacité à se fondre dans le décor, à s'adapter. Son chemin est semé d'embûches, de souffrance, de mort, de passion. Travestie en homme, elle jouit des charmes des deux sexes avec une infinie sensualité et une décontraction totale. Julienne est contrastée mais entière. Capable de se battre, de tuer, d'infliger des sévices, toujours consciente de ses actes et bien pourvue de sentiments. Julienne est désirée, désirable et profondément humaine. Loin des siens, elle s'émancipe, se cherche, s'expose, grandit...

Sa vie est secrète, mystérieuse, outrageante peut-être, mais surtout affranchie, exceptionnelle. L'écriture est fluide, enveloppante, romancée mais pertinente. Au cours de notre lecture, on se laisse convaincre, séduire pour petit à petit lâcher-prise.

Avec Julienne, on voyage, on éprouve, on s'égare avant de retourner sur ses pas. Un roman virevoltant, dangereux aussi passionnant que passionné. À découvrir absolument !

Citation Pollar

"Elle avait l'impression que sa vie défilait sans qu'elle pût la maîtriser. Elle errait, tel un bouchon sur la vague, se laissant ballotter au gré de ses rencontres et de ses déambulations. Mais n'en était-il pas ainsi depuis qu'elle avait fui la maison paternelle ?"


 

Ce que je retiens

Une héroïne forte, libre, séduisante. Un récit fiévreux, volcanique.

 

Petit bémol

La romance omniprésente qui dévore Julienne au détriment de sa volonté, de sa raison et d'elle-même.

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10 septembre 2018

"La fille du maître de Chai" de Kristen Harnisch aux Éditions l'Archipel

Chai

 

"La fille du maître de Chai" de Kristen Harnisch aux Éditions l'Archipel

Kristen Harnisch : Une fresque inoubliable

 

La Fille du maître de chai

1895. Sarah Thibault, 17 ans, vit avec ses parents et sa sœur Lydie dans le Val de Loire, où la famille exploite un vignoble.
À la suite du décès de son époux, la mère de Sarah est contrainte de vendre le domaine à une famille de négociants, les Lemieux, dont le fils aîné épouse Lydie.
Mais une nouvelle tragédie oblige les deux sœurs à quitter la France. Sarah, qui n’a pas abandonné son rêve de devenir viticultrice, gagne la Napa Valley, en Californie.
Sur place, elle fait la connaissance d’un certain… Philippe Lemieux, qui s’est lui aussi lancé dans l’aventure viticole.
Les deux Français décident d’associer leurs talents. Mais les affaires et l’amour peuvent-elles faire bon ménage ? D’autant que Sarah cache un indicible secret…
Dans la lignée des romans de Tamara McKinley et Sarah Lark, le destin d’une jeune femme courageuse qui n’a d’autre choix que l’exil pour réinventer sa vie.

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Mon Avis Pollar

1895, pour Sarah la perte de son père signe également le renoncement au domaine familiale viticole. Contrainte de partir pour la Californie, elle ne perd jamais espoir de vivre de sa passion et de reconquérir un jour son héritage perdu...

C'est un destin exceptionnel que celui de Sarah, qui rencontrera très tôt tous les obstacles. On s'éprend très vite de sa personnalité toute fraîche et cependant très affirmée.

On sent très vite que cette "petite" sait ce qu'elle veut, n'a pas peur de le dire et n'a pas froid aux yeux. Loin d'être fragile, elle prend sa vie en main et celle de ses proches quand les circonstances l'exigent. Elle créé la sympathie autour d'elle, force le respect. Son parcours est atypique, cicatriciel. On aime la romance interdite qui la lie avec Philippe et on se laisse emporter par elle...

L'écriture est enlevée, passionnée et décrit l'univers des vignes avec précision. Notre cœur est malmené, subit des secousses tout au long du roman, sans aucun moment de flottement. Sarah nous émeut jusqu'au bout par sa ferveur, son absence de calcul, sa spontanéité. Les épreuves se succèdent, l'exil apparaît nécessaire, comme une question de survie. Sarah porte ses secrets enfouis au plus profond d'elle-même jusqu'au jour où l'amour, la vie prend le dessus.

On est submergé par l'émotion qui se dégage, cette atmosphère délicate qui complique tout.

C'est un récit-tiraillement où l'émotionnel domine. Une histoire exceptionnelle, un très bon cru.

Citation Pollar

"Elle se rendit compte, ainsi là sous la figure de Sarah Landry, qu'elle tenait les rênes de sa propre vie. Tant qu'elle garderait cachée sa véritable identité, elle serait libre de faire ce que bon lui semblerait dans ce coin du monde."

 

Ce que je retiens


Un destin de femme courageux. Une romance interdite, un environnement, un terroir à couper le souffle.

Petit bémol

Un déroulement dont on devine les aboutissements, une fin attendue, convenue.

 

Bandeau - Chai

14 juin 2018

"Souvenirs effacés" d'Arno Strobel aux Éditions l'Archipel

Souvenirs effacés

 

"Souvenirs effacés" d'Arno Strobel aux Éditions l'Archipel

Arno Strobel : Un roman perturbant

 

L’enlèvement de son fils… Sa fuite nocturne a travers le parc… Le coup sur la tête… A son réveil d’un coma de deux mois, Sibylle a l’impression de se souvenir de tout. Elle a 34 ans, vit avec son mari dans une ville voisine.
Étrangement, le médecin a son chevet lui assure qu’elle n’a jamais eu d’enfant. Sibylle décide alors de fuir l’hôpital en pleine nuit pour rentrer chez elle.
Une automobiliste stoppe et la raccompagne jusqu’a son domicile. Mais, lorsque son mari ouvre la porte, il ne la reconnaît pas, malgré les détails intimes qu’elle lui livre.
A qui Sibylle peut-elle faire encore confiance ? Et qui est-elle vraiment ?
Avec Souvenirs effacés, le thriller qui l’a propulse au premier rang des maîtres allemands du suspense, Arno Strobel signe un roman qui vous fera douter de tout, jusqu’au bout

 

Mon Avis

Quand Sibylle se réveille après deux mois de coma, elle ne pense qu'à retrouver son fils Lukas qu'elle croit en danger... Le retour à la réalité est étourdissant, confus pour elle, confrontée à ses proches qui ne la reconnaissent pas et réfutent son identité de mère...


On rentre dès le début du roman dans quelque chose de très étrange et dérangeant. On ressent un certain malaise à ce qui se dessine autour de Sibylle, habitée par des souvenirs prégnant qu'il ne semble pas lui appartenir...

Est-elle sous le choc ?

Est-elle en danger ?

Sur son chemin des hommes, une femme présents, prêts à l'écouter, à l'observer, la surveiller. À qui doit-elle faire confiance ?

On la suit sur les traces de son identité, à la recherche de preuves qui la conduirait vers elle, son fils et la vérité. L'écriture est nerveuse, sensible, électrique. Elle nous prend à cœur, nous donne des réactions en chaîne, épidermiques. On ne sait pas où aller, que penser tellement on s'oppose à des murs de contradictions.

On y parle d'expériences, de mensonge, de manipulation mentale. Il y a derrière les apparences, beaucoup de tricheries, de subterfuges dont on a du mal à s'extraire. C'est angoissant, saisissant : on est partagé entre la folie, la paranoïa, l'abomination...

Cette intrigue nous pousse très loin pour nous heurter, nous catapulter vers l'impensable, le doute, la peur de ne plus être soi, quand nos souvenirs s'effacent. Heureusement le cœur, le sang, le corps ont eux aussi leur mémoire...

Citation

"C'est sans espoir. Chaque minute que je passe ici est du temps perdu. Il faut que je parte avant de devenir folle et de me mettre à hurler. Partir, mais où ? Peu importe. Partir. Retrouver Lukas."

 

Bandeau - Souvenirs effacés

11 juin 2018

"Un goût d'enfance" de Claude Couderc aux Éditions l'Archipel

 Un gout d'enfance

 

"Un goût d'enfance" de Claude Couderc aux Éditions l'Archipel

Claude Couderc : Un roman sensible et nostalgique

 

Un goût d'enfance

Chocolat chaud, brioches, pain d’épices, confitures… Pour rien au monde le « Petit », 13 ans, ne manquerait le goûter chez Mme Pozzi dans sa belle maison de la « cité Million », le quartier chic de la ville…
Mais lorsque surgit sa mère dans la salle à manger, le Petit repose sa brioche : « Mamoune » est la femme de ménage de Mme Pozzi. Il rougit de la voir ainsi. Mais il oublie vite auprès de Vivi, sa petite voisine délurée. Ensemble, ils rient, ils pleurent, ils apprennent à s’embrasser. Dans ce petit coin de Midi, entre vignes et ruisseaux, la vie paraît alors pleine d’espoir…

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Mon Avis

Claude Couderc, réalisateur de documentaires et de téléfilms, revient ici avec ce roman sur les traces et les souvenirs de son enfance. Il se raconte à travers ce Sud, propice à la liberté et aux premiers échanges évocateurs et amoureux. Il s'ouvre à nous au-delà des mots, sans filtrer ses émotions avec une musicalité et une poésie qui nous étreint, nous séduit.


Il y a de la honte à évoquer faire partie des pauvres, d'avoir un père qui rentre régulièrement saoul à la maison. Il y a aussi de la joie et de la fierté pour ce frère, aventurier et dandy. Le "petit", alterne avec les difficultés, les petits bonheurs, les déceptions, les douleurs et les rêves effleurés...

L'écriture est belle, sensible, imagée et incroyablement vivante. On touche ici avec une infinie justesse à l'intimité, les secrets, la métamorphose, à toutes ces choses qui une fois réunis, font un jour grandir.

Un roman qui dégage des sentiments doux et intenses, évoqués avec tendresse et indulgence. Vous devriez tomber sous le charme !


Citation

"Un pauvre, ça se repère facilement. "Moi, se dit-il, j'ai beau me laver, me coiffer en mettant du gel sur mes cheveux, je sais qu'on sait que je n'ai pas le sou... C'est comme si j'étais marqué au fer rouge !"

 

Bandeau - Un gout d'enfance

15 mai 2018

"Une pluie d'étincelles" de Tamara McKinley aux Éditions de l'Archipel

Une pluie d'étincelles

 

"Une pluie d'étincelles" de Tamara McKinley aux Éditions de l'Archipel

Tamara McKinley : Un récit palpitant

 

Une pluie d'étincelles

Une pluie d'étincelles

Australie, 1946. Becky Jackson a regagné son village natal avec son fils Danny après que son mari a été déclaré mort au combat.
Depuis deux générations, sa famille dirige l’hôpital de Morgan’s Reach, bourgade fondée par son grand-père. Becky y connaît tout le monde et retrouve sa meilleure amie, elle aussi veuve de guerre.
Becky côtoie également Ben Freeman, le pompier en chef secrète- ment amoureux d’elle. Un amour auquel elle se refuse car Danny n’a toujours pas fait le deuil de son père…

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Mon Avis Pollar

Australie 1946, une tempête menace d'enflammer Morgan's Reach et de rendre incontrôlables les émotions de ses habitants... Pour Becky et toute la communauté, les préoccupations seront nombreuses, émergentes et peut-être aussi déterminantes...


Avec une pluie d'étincelle, Tamara McKinley nous offre encore une fresque exotique dont elle a le secret. L'évasion est garantie dans cette contrée sauvage de l'Australie. On s'y sent très vite familier avec des personnages authentiques, au caractère fort, sensible et unique.

On découvre leur histoire, leurs faiblesses, leurs secrets, mais aussi l'énergie dont ils disposent pour faire face à leur destin. L'auteur sait retenir notre attention, capter notre intérêt et nous subjuguer ; on se laisse happer par le récit tumultueux dès le début pour ne plus jamais le lâcher ensuite. Les passions sont décuplées dans ce climat orageux qui n'en finit pas de faire tourner les têtes.

L'atmosphère est électrique rendant les tensions palpables. Chacun cherche à exorciser ses peurs ou ses démons ; les drames surgissent, la vie crépite d'espoirs à un rythme soutenu. Notre cœur palpite et exprime ses émotions au fil des évènements qui se succèdent. On se laisse envahir par des sentiments d'amour et de tendresse pour cette bourgade de bout du monde et ses habitants. On est submergé par le malheur qui s'abat sur eux, mais plus encore, rempli par l'étincelle qui les anime à faire résurgence.

On s'émerveille ici encore beaucoup des paysages bruts qui appellent à rester humble et vigilant. On s'attache beaucoup au relationnel et à l'émotionnel des personnages.

Une fois de plus, Tamara McKinley nous enchante de sa plume évadante et nous communique la ferveur de ces sagas qui nous emportent. Comment ne pas tomber sous le charme ?

Citation Pollar

"Il se dégageait du paysage une grandeur à nulle autre pareille, une splendeur intemporelle. Rien ici, ou presque, n'avait dû changer depuis que les premiers hommes avaient posé le pied sur ces terres... La force spirituelle qui émanait d'elles n'avait jamais manqué de l'émouvoir, et leur supplément d'âme toujours l'avait enflammé."

 

Bandeau - Une pluie d'étincelles


11 avril 2018

"Nuit sans fin" de Preston & Child aux Éditions l'Archipel

Nuit sans fin

 

 

"Nuit sans fin" de Preston & Child aux Éditions l'Archipel

Preston & Child : Une enquête capitale

 

 

Nuit sans fin

À FORCE DE TROUVER DES CADAVRES SANS TÊTE…
 
Quel point commun entre la fille d’un milliardaire, un ancien avocat véreux, un oligarque russe… ?
Tous ont été assassinés à New York, la cité des ténèbres, la ville de la nuit sans fin.
Tous ont été décapités et leur tête a disparu, comme si l’assassin était une sorte de collectionneur morbide…

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 Mon Avis Pollar

Vincent d'Agosta du NYPD et l'agent Pendergast du FBI sont sur le pied de guerre avec une série de cadavres sans tête. Maîtrise, déduction et sang froid seront de mise une fois de plus pour résoudre une affaire qui fait beaucoup de bruit...


Ici, on met les pieds dans quelque chose de trouble, de spectaculaire. Les meurtres orchestrés sont représentatifs d'une expression sauvage, violente. Nos enquêteurs se rapprochent des scènes de crime, des victimes pour retrouver des indices, une piste à suivre.

Difficile de cerner le  tueur, semble-t-il passé maître dans le piratage et la dissimulation. Qui est-il ? Revêt-il un choix opéré et conscient chez ses victimes ? Quel est son message ? Pendergast et Vincent d'Agosta sont sur les dents, le temps presse, et on se joue d'eux manifestement...

Il y a du nerf, beaucoup d'énergie dans ce roman où se concentrent les théories incalculables et les mauvaises pistes. L'écriture est nerveuse, réactive, rythmée par beaucoup de dialogues. Le meurtrier invite au danger, à la traque, à la mise à mort. Ce roman transpire la peur, le doute, l'adrénaline.

L'action se précipite et catapulte nos tergiversations vers la vérité crue et sans appel.

Le combat frontal et final fait retenir notre souffle. À travers la traque, la lutte de Pendergast, on a peur, on vibre, on se sent vivant.

Une aventure encore incisive, logique et intuitive pour ce cher Aoysius Pendergast. Si vous en doutiez...

 

Citation Pollar

"Plus le temps passait et plus s'accumulait les théories fumeuses. On parlait d'un assassin, de deux, voire de trois, ou encore d'un tueur inspiré par le premier crime."

 

Bandeau - Nuit sans fin

20 mars 2018

"Zaune" de Jean-Hugues Oppel aux Éditions Archipoche

zaune

 

"Zaune" de Jean-Hugues Oppel aux Éditions Archipoche

Jean-Hugges Oppel : Un récit brûlant

 

Zaune

La Zone. Un territoire au-delà du périphérique. Des pavillons entassés, des achélèmes tristes et des parkings sans printemps. Des usines et des humains en ruine. Des loubards, des flics et des malfrats.
Et Zaune, la fille cuivre et or. Qui n’a pas vingt-quatre heures pour sauver son frère, un toxico victime des jeux d’argent, poursuivi par deux tueurs pour récupérer un kilo d’héroïne et un paquet de fric qu’il a subtilisés au dealer en chef....

http://www.archipoche.com

 

Mon Avis

Au cœur de la cité courant des années 1990, Zaune "la rouquine" veut sauver son frère et le sortir du bourbier dans lequel, il s'est fourré. Une course précipitée contre la montre est lancée pour protéger "Nanard" des flics et des trafiquants...


C'est un récit court, incandescent à l'écriture nerveuse, survoltée. L'auteur ne prend pas de gant avec nous en nous trempant sans préambule dans un décor sombre et sans espoir.

Zaune est une héroïne qui respire l'audace et l'énergie, prête à se battre pour sa famille, bec et ongles. Elle nous entraîne bien malgré elle, au-delà du danger, du chaos, des dérives de son frère. Ça va à toute vitesse, on envoie du lourd quand on touche au crack. Les personnages que Zaune et son frère ont aux trousses ne sont pas des tendres, et ça va saigner. Les keufs ne sont pas des enfants de cœur, non plus.

Vous me direz alors, à qui se fier ? À personne, si ce n'est à soi, à son instinct, à sa rage de survie. Zaune brille d'une aura séductrice, convaincante et brûle son innocence en une succession de drames et quelques fractions de secondes...

La banlieue saigne, scarifie, sacrifie ses hôtes dans un cercle infernal qui n'en finit pas de tourner...

"Zaune" adopte un style abrupte et efficace pour un maximum de sensations, avec une héroïne sauvage et combative. Plus percutant, tu meurs !

 

Citation

"À peine cinq heures qu'elle est partie à la recherche de Nanar, et elle a aux trousses un flic au regard de prédateur, des truands obsédés sexuels et les malades mentaux de la zone. Pas mal."

 

08 mars 2018

"Passager 23" de Sebastian Fitzek aux Éditions l'Archipel

Passager 23

 

"Passager 23" de Sebastian Fitzek aux Éditions l'Archipel

Sebastian Fitzek : Un thriller efficace

 

Passager 23

http://www.editionsarchipel.com/livre/cabine-23/

Imaginez un lieu isolé.
Un lieu où disparaissent, année après année, des dizaines de personnes…
Sans laisser de trace.Un lieu rêvé pour des crimes parfaits.
Bienvenue à bord. La croisière ne fait que commencer…

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Mon Avis Pollar

177 passagers de croisière auraient disparu en l'espace de 10 ans. Martin qui a perdu sa femme et son fils dans des circonstances mystérieuses est là pour mener ses investigations et trouver des réponses...


Sebastian Fitzek nous offre ici un roman remarquable et déroutant. Tout repose sur un lieu insolite pour des disparitions inexpliquées. Des histoires classées sans suite rangées au clan des suicides...

Parti d'un fait réel, l'auteur brode un récit aussi hallucinant que consternant. Très vite, on plonge dans quelque chose de beaucoup moins facile et beaucoup plus obscure à explorer. Qui est cette femme que l'on torture, au fond d'un puits ? Et cette jeune fille, retrouvée sur le pont, qui a été manifestement retenue prisonnière ? L'ambiance est malsaine, stressante. Sans savoir ou comprendre, on pressent que l'on marche et on avance sur une surface fragile, dissimulée, dangereuse...

Martin cherche des concordances, des éléments, nous préoccupe et nous essouffle dans cette chasse à la vérité. Les péripéties sont nombreuses, périlleuses, se rapprochent de la laideur, de l'abominable. Martin est mis à mal, intimement concerné par le tabou, l'inconcevable...

L'intrigue est millimétrée, c'est incroyablement bien ficelé. Les personnages nous heurtent et nous bluffent à la fois. On se sent pris au piège, témoin de quelque chose d'étouffant. Jusqu'au bout, les révélations s'enchaînent, s'échappent et nous précipitent dans un tourbillon dont on ne croit jamais voir la fin...

C'est incontestablement un scénario grandiose et imperturbable. Glaçant et maîtrisé : c'est sûr, vous ne verrez jamais plus les croisières comme avant...

Citation Pollar

"_On estime que chaque année, sur tous les paquebots qui croisent sur les mers du globe actuellement, vingt-trois personnes au total passent par-dessus bord.

Passager 23 !"

Bandeau-Passager 23

 

08 janvier 2018

"Le chat qui a tout vu" de Sam Gasson aux Éditions l'Archipel

La Chat qui a tout vu

 

 

"Le chat qui a tout vu" de Sam Gasson aux Éditions l'Archipel

Sam Gasson : Les aventures d'un détective en herbe

 

Le chat qui a tout vu

Bruno, 11 ans, rêve de devenir détective privé, comme son père. Des sujets d’investigation, il en voit partout autour de lui !
Lorsque la mère de son ami Dean est retrouvée assassinée, baignant dans une mare de sang, Bruno est bien décidé à mettre la main sur le coupable.
Son arme secrète ? Sa chatte Mildred, seul témoin du crime grâce à la caméra miniature installée sur son collier. Mais Mildred a disparu…
Tout semble accuser le père de Dean, un homme violent et jaloux, mais le voisinage de ce quartier a priori sans histoire cache quelques secrets inavouables… qui ne sauraient échapper à l’œil perçant d’un chat !

https://www.bookwitty.com

 

Mon Avis

Un meurtre a été commis dans la maison voisine du petit Bruno 11 ans, une aubaine pour lui qui se voit d'or et déjà résoudre l'enquête, sans oublier son chat...


C'est une aventure divertissante dans une atmosphère de jeu du Cluedo, qui nous est donné de lire ici. On a affaire à un héros très jeune qui fouine son nez un peu partout dans des affaires d'adultes criminelles et secrètes...

Il n'en faut pas plus au petit Bruno pour se lancer impunément et le plus sérieusement du monde dans une enquête qu'il compte bien mener à son terme. Bruno observe, détaille, décortique chacun des éléments observés, il écoute son instinct et ne néglige aucune piste. C'est un personnage passionné et fort attachant. On aime sa spontanéité, on est bluffé par sa détermination et son schéma de pensée logique et unique. Il y a du rythme, du suspens, beaucoup de tendresse et d'humour dans ce récit qui doit se lire sans sourciller... Parce que oui, même si c'est un peu cliché, surréaliste, on s'en fiche : c'est ce qui rend l'histoire plaisante et totalement incroyable.

L'écriture est fluide, agréable, il y a une accessibilité joyeuse et immédiate, et cela, malgré les circonstances tragiques et irrémédiables. Petit à petit, on fait confiance à Bruno, à son audace, à ces capacités d'imagination et de déduction. Avec lui, on éprouve les risques, mais on veut à tout prix savoir.

On passe un excellant moment avec ce roman facétieux et incorrigiblement sérieux. Et si vous rêviez en plus, de rentrer dans la peau d'un chat, ici tout est permis. Le chat qui a tout vu, n'a peut-être pas tout dit...

Citation

"Plus il y pensait, plus il en était sûr. Mildred était un chat doté d'une intelligence exceptionnelle _ un test de QI l'avait prouvé. En disparaissant Mildred essayait de lui dire quelque chose. Il devait déchiffrer son absence. Un détective qui acceptait les coïncidences n'était pas un bon détective."