07 septembre 2018

"Le temps d'une île" de Thierry Clech aux Éditions Ateliers Henry Dougier

Le temps d'une ile

 

"Le temps d'une île" de Thierry Clech aux Éditions Ateliers Henry Dougier

Thierry Clech : Une jolie plume

 

 

Le temps d'une ile

Qui, à travers le temps, a contemplé cette île à l’horizon ? Qui, il y a un siècle, 300 ans ou plus d’un millénaire a arpenté cette côte, a foulé cette plage ? Des anonymes, des personnages célèbres ? Qui y est né, qui y est mort ? Dans quelles circonstances ? Des hommes s’y sont entretués et des couples s’y sont embrassés. Certains y ont laissé des regrets. D’autres ont pu y infléchir leur destin.

Thierry Clech a imaginé quelques-unes de ces vies, de l’âge de pierre jusqu’au siècle futur, offrant ainsi une surprenante histoire de l’humanité.

http://ateliershenrydougier.com

 

Mon Avis Pollar

Au départ, il y a une île dans toute sa substance, dans son insolente intégrité ; puis vient la faune et cette mystérieuse humanité. Du commencement à la fin, l'île se raconte à travers les époques et le regard profond, brûlant de ses contemporains...

Avec "le temps d'une île", Thierry Clech nous subjugue, nous étonne. On traverse avec lui les grands courants d'histoire qu'ont vécus les hommes, au milieu d'un point défini qui est l'île.

L'écriture est belle, puissante, passionnante et on se laisse imprégner par les mots. Les narrateurs se succèdent, laissant une empreinte de leur histoire, du patrimoine existant, évoluant. C'est un voyage chronologique, curieux, documenté, imaginé qui se joue entre le réel et le fictif. La métamorphose se passe à la vitesse éclair à l'image d'une vie. Y défilent, les hommes emportés entre guerres et passions, soustraits à leur quotidien. On est ébloui par la force des éléments, la beauté du site, la magie et la poésie qui s'en dégage. Le destin du lieu est lié à l'activité humaine de manière incontrôlable, inéluctable.

On se laisse happer par les flots de condensés d'aventure, et on en éprouve à la fois la mesure... Il y a un constat doux-amer à observer, vivre et perdre quelque chose de merveilleux et que l'on a cru acquis. C'est peut-être l'occasion d'une réflexion, d'un recul à l'échelle d'un point précis à observer...

Ici, on vit, on meurt, on guerroie, on vibre dans une course folle après le temps.

Et on ne nous épargne pas, le temps s'en va, s'enfuit pour ne laisser qu'une trace discrète, enfouie...

Citation Pollar

"La Terre, me dis-je, était-elle autre chose que la somme des souvenirs que les humains y avaient laissés ? Et où était la vérité d'une vie ? Au début ? À son milieu ? Ou à l'approche de sa fin ? Et s'il n'y avait plus de fin ?"

 

Ce que je retiens :
Une écriture sublime, des chapitres qui s'adaptent instantanément aux moments qu'ils racontent. Ici, on va à l'essentiel.

Petit bémol : 

Concis mais pas assez précis. On aurait juste envie de s'attarder plus, creuser un peu plus l'environnement, les personnages...

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03 mai 2018

"Rue Blondel" de Valéry Sauvage aux Éditions Ateliers Henry Dougier

RueBlondel

 

 

"Rue Blondel" de Valéry Sauvage aux Éditions Ateliers Henry Dougier

Valéry Sauvage : Une fresque pleine de charme

 

Rue Blondel - Ateliers Henry Dougier

Près de la Porte-Saint-Martin, à Strasbourg-Saint-Denis, il y a la rue Blondel. Or dans la rue Blondel, y’avait une demoiselle. Elle avait l’uniforme que porte la profession : une jupette ultra-courte et puis un boléro ayant peine à cacher un soutif en dentelle deux tailles trop étroit. Elle se postait toujours en haut de ses trois marches, dans le creux d’une porte. On aurait dit un peu comme une pauvre madone dessus son piédestal...

 

Mon Avis Pollar

Avril 1972, Lucienne est sous le choc quand elle apprend que le "café Select" change de propriétaire. Ce sont toutes ses habitudes, un pan de sa vie qui défile devant ses yeux...


C'est un récit tout en relief que dessine les rues de Paris avec leur histoire. On y rencontre des personnages authentiques, marqués par la vie, leurs rencontres.

L'écriture est enveloppante, descriptive, elle nous transporte instantanément dans ses volutes d'un passé pénétrant. On se laisse guider, et émouvoir par le malheur que Lucienne, Maurice et Edmond embrassent chacun à leur façon. Lucienne est une prostituée qui a un cœur, une âme, elle touche Maurice et Edmond qu'elle va cajoler, écouter.

Ces personnages se croisent, s'apprivoisent, se racontent, éprouvent leur vie et leurs tumultueuses péripéties. On éprouve la saveur de leurs rencontres épisodiques, éphémères volées au temps. La nostalgie y est prégnante et nous submerge...

On prend plaisir à faire la connaissance de ce quartier "Rue Blondel" pour lequel on s'attache et qui devient familier. On parle de vie, d'amour, d'épreuves, de liens avec pudeur et intensité. Il y a quelque chose, un supplément indescriptible et qui se dégage de ce roman, une fois qu'on l'a refermé.

On l'étreint alors près de son cœur, on suspend notre respiration et on s'envole dans nos pensées. Un joli bijou dans son écrin !

Citation Pollar

"Les cuissardes et le fume-cigarette apportaient une touche finale au tableau. Se cachant derrière l'image de femme fatale qu'elle cherchait à se donner se trouvait toujours l'âme d'une petite fille effarouchée, meurtrie, souillée. Mais Lucienne faisait en sorte de bien la camoufler."

 

Bandeau - RueBlondel

Posté par SophieSonge à 15:23 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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