23 mars 2018

"Mange tes morts" de Jack Heath aux Éditions Super 8

Mange tes morts

 

"Mange tes morts" de Jack Heath aux Éditions Super 8

Jack Heath : Un thriller mordant

 

Mange tes morts | Lisez!

Cameron Hall, 14 ans. Disparu en rentrant de l’école ; rançon exigée. L’horloge tourne, la police est impuissante : c’est une mission pour Timothy Blake.
Timothy (nom de code « le pendu ») a un don. Il lit dans l’esprit des gens. Comprend tout avant tout le monde. Résout les énigmes les plus ardues. Le genre à s’ennuyer avec un Rubik’s Cube ou à connaître votre numéro de sécurité sociale par cœur. Mais Timothy a aussi un problème. Pas le fait d’être pauvre, non. Pas le fait d’être affublé d’un coturne toxicomane et parano prénommé Johnson. Un vrai problème, un problème, disons, comportemental. Qui fait que même le FBI répugne à travailler avec lui. Une vie sauvée, une récompense : ainsi fonctionne Timothy. Mais cette fois, et malgré l’appui de l’agent spécial Reese Thistle, il se pourrait que notre sympathique génie psychopathe ait trouvé à qui parler.

https://www.lisez.com

 

Mon Avis

Quand un adolescent de quatorze ans fait l'objet d'un enlèvement, on dépêche le FBI est un intervenant un petit peu spécial pour le retrouver. Timothy Blake, a ce petit quelque chose en plus, cet instinct animal, ce pouvoir à double tranchant qu'il faut sans doute apprendre à juguler...


C'est un roman assez particulier avec un héros dangereux et hors norme. Timothy a assisté à l'assassinat de ses parents, a été placé ensuite en foyer d'accueil.

Il a côtoyé la violence, la pauvreté dès son plus jeune âge, a eu faim, très faim. Pour survivre, il a mangé des rats, mais aussi des hommes. Aujourd'hui, il collabore auprès du FBI, il résout des casse-tête et modère comme se peut ses appétits. L'auteur réussit à ce que l'on voit au-delà du monstre, un être doué d'une intelligence, de mémoire et d'observation. Timothy nous intrigue, nous attire, nous répugne sensiblement. On ne peut s'empêcher d'être touché et apitoyé par son histoire.

Les scènes sont souvent saignantes, choquantes. Il y a chez lui une dualité entre l'inné et l'acquis, des forces qui s'attirent et qui se repoussent. Ses investigations sont décrochées, border-line. Elles répondent à une impulsion, à un code, à une infiltration qui lui sont propres.

L'écriture est séductrice, haletante et ne nous épargne rien des descriptions crues et indigestes. Vous devrez avoir le cœur bien accroché pour ne pas rester sur votre faim quant à un dénouement pervers. L'enquête n'est pas le centre d'intérêt du roman, mais nous renseigne sur le passé de Timothy qui le rejoint ici...

Si vous pensez pouvoir faire abstraction, lancez-vous. Attention, ce roman se dévore sans concessions, mais les estomacs fragiles sont toutefois priés de s'abstenir !

 Citation

"C'était aussi simple que ça, et il le savait comme moi. Il y avait quelque chose qui m'avait poussé à attaquer mon agresseur avec les dents plutôt qu'avec les poings, quelque chose qui risquait de remonter à la surface à n'importe quel moment."

 

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22 mars 2018

"Le mal en soi" d'Antonio Lanzetta aux Éditions Bragelonne

Le mal en soi

 

"Le mal en soi" d'Antonio Lanzetta aux Éditions Bragelonne

Antonio Lanzetta : Un thriller cicatriciel

 


Le petit bourg de Castellaccio, dans la région du Cilento, au sud de l’Italie, abrite un très vieux saule. À la fin de l’été 1985, on a retrouvé le corps de la jeune Claudia pendu à ses branches, sa tête décapitée gisant entre les racines. Trente et un an plus tard, pendue au même arbre, torturée de la même façon, la dépouille grouillante de vers d’une autre jeune fille contemple Damiano Valente, le Chacal, un célèbre écrivain de true crime. L’Homme du saule est revenu à Castellaccio.
Hypersensible, méthodique et acharné, le visage rongé de cicatrices et condamné à traîner sa jambe brisée, tenant grâce à la morphine, Valente est hanté par cet été de la peur où lui et ses amis Claudia, Flavio et Stefano ont été fauchés par la haine, la folie et la mort. Quand le commissaire De Vivo l’appelle sur l’enquête, la traque peut commencer.

http://www.bragelonne.fr



Mon Avis Pollar

A Castellacio, un petit village d'Italie, on retrouve le corps d'une jeune fille pendue à un arbre. Ce crime n'est pas sans rappeler un drame parvenu trente et un an plus tôt. Et si tout recommençait ?


C'est un roman extrêmement trouble et qui fait remonter par bribes, de nombreux éléments à la surface. Dans une alternance de temps, l'auteur nous saisit, nous interroge sur le poids de ces années, les secrets d'un passé étouffant...

Avec ce crime, ce sont les souvenirs d'enfance qui reviennent, s'invitent à notre porte, l'histoire d'un cercle d'amis qui ont vu l'espace d'un été, leurs vies voler en éclats. Ce qui marque, c'est qu'on touche à l'insouciance, à l'innocence, de ces instants inoubliables et forts qui construisent la personnalité. Ce thriller nous fascine, nous dérange, nous heurte.

L'écriture est subtile, habile et nous plonge dans les émotions sensibles des émois adolescents. Petit à petit, on s'infiltre à l'intérieur des entrelacs de ce qui a pu se passer, témoins impuissants du germe sur le point de poindre, d'éclater. Curieusement, ici, on éprouve que peu d'attachements aux personnages, se focalisant plus sur le déroulement de l'histoire. On reste englués à une ambiance, au point de clivage avec le sentiment que le mal y prend racine, incontrôlable et meurtrier.

Un roman dense où les affects, la culpabilité, la vengeance se mêlent et font résurgence ici pour nous habiter et ne plus nous quitter. Une belle maîtrise dans laquelle on exprime la cruauté, le suspens, la noirceur dans toute sa dimension.

Citation Pollar

"Tu pouvais aller de l'avant, t'efforcer d'avoir la meilleure vie possible, jeter les souvenirs à la cave et éteindre la lumière en te disant que le noir ferait le reste... Le passé trouvait toujours le moyen de te faire payer tes dettes."

 

Bandeau - Le mal en soi

21 mars 2018

"L'enfant de l'enfer" de Cathy Glass aux Éditions Archipoche

L'enfant de l'enfer

 

"L'enfant de l'enfer" de Cathy Glass aux Éditions Archipoche

Cathy Glass : Un récit bouleversant

 

L'Enfant de l'enfer

Cathy, mère d’accueil dévouée, se voit confier Aimée, petite fille de huit ans qui a connu l’enfer au côté d’une mère toxicomane qui la délaissait.
Sale, infestée de poux, agressive, illettrée, Aimée découvre auprès de Cathy des plaisirs simples : une chambre à soi, de vrais repas, des bains, des vêtements propres et, surtout, la présence d’adultes affectueux.
Sur le chemin de l’apaisement, Aimée trouve en Cathy une oreille attentive et lui dévoile les plus sombres moments de sa jeune existence.
Une libération nécessaire pour qu’elle puisse laisser le passé derrière elle et aborder l’avenir avec le sourire.

http://www.archipoche.com

 Mon Avis Pollar

Cathy est mère d'accueil depuis de nombreuses années. Elle nous délivre ici le fruit de son expérience et l'histoire d'Aimée huit ans, que les services sociaux lui ont confié à la suite de négligences des parents...


Ce témoignage en dit long sur le travail de famille d'accueil pour aider un enfant à vivre normalement et à se construire. Cathy offre à ses enfants de passage un cadre stable, la sécurité, la confiance dont ils ont manqué.

Avec beaucoup de cœur et d'intelligence, elle travaille en étroite collaboration avec les services sociaux dans l'intérêt des familles et des enfants. On est touché par l'histoire d'Aimée qui n'a pas bénéficié des bons soins d'une mère. On est révolté par ce qu'elle a vécu. Cette petite fille nous surprend dans ses manifestations de colère, de silence, tiraillée par des sentiments contraires. Il y a une sensibilité chez elle, parfois une gravité qui désarme et qui nous fait nous attacher à elle.

Le récit de Cathy nous donne une idée très réaliste de sa profession complexe et essentielle au développement de l'enfant. On est impressionné par son caractère volontaire et courageux et le savoir faire acquis au fil des années. Petit à petit, elle libère la parole d'Aimée qui lui fait confiance, instaure des règles de vie, prend soin d'elle, la sociabilise...

On aime son implication, sa discrétion, on apprécie sa disponibilité, son sens de l'écoute, du dialogue et bien plus encore sa bienveillance.

Grâce à elle, un maillon de la chaîne qui a toute son importance, Aimée et bien d'autres enfants se relèvent et peuvent poursuivre leur chemin...

Citation Pollar

"S'occuper d'un enfant avec des problèmes comportementaux oblige constamment à faire un choix entre ce que l'on peut laisser passer, et ce, sur quoi on doit rester ferme. De ce point de vue, Aimée allait me mettre à rude épreuve."

 

Bandeau - L'enfant de l'enfer

20 mars 2018

"Zaune" de Jean-Hugues Oppel aux Éditions Archipoche

zaune

 

"Zaune" de Jean-Hugues Oppel aux Éditions Archipoche

Jean-Hugges Oppel : Un récit brûlant

 

Zaune

La Zone. Un territoire au-delà du périphérique. Des pavillons entassés, des achélèmes tristes et des parkings sans printemps. Des usines et des humains en ruine. Des loubards, des flics et des malfrats.
Et Zaune, la fille cuivre et or. Qui n’a pas vingt-quatre heures pour sauver son frère, un toxico victime des jeux d’argent, poursuivi par deux tueurs pour récupérer un kilo d’héroïne et un paquet de fric qu’il a subtilisés au dealer en chef....

http://www.archipoche.com

 

Mon Avis

Au cœur de la cité courant des années 1990, Zaune "la rouquine" veut sauver son frère et le sortir du bourbier dans lequel, il s'est fourré. Une course précipitée contre la montre est lancée pour protéger "Nanard" des flics et des trafiquants...


C'est un récit court, incandescent à l'écriture nerveuse, survoltée. L'auteur ne prend pas de gant avec nous en nous trempant sans préambule dans un décor sombre et sans espoir.

Zaune est une héroïne qui respire l'audace et l'énergie, prête à se battre pour sa famille, bec et ongles. Elle nous entraîne bien malgré elle, au-delà du danger, du chaos, des dérives de son frère. Ça va à toute vitesse, on envoie du lourd quand on touche au crack. Les personnages que Zaune et son frère ont aux trousses ne sont pas des tendres, et ça va saigner. Les keufs ne sont pas des enfants de cœur, non plus.

Vous me direz alors, à qui se fier ? À personne, si ce n'est à soi, à son instinct, à sa rage de survie. Zaune brille d'une aura séductrice, convaincante et brûle son innocence en une succession de drames et quelques fractions de secondes...

La banlieue saigne, scarifie, sacrifie ses hôtes dans un cercle infernal qui n'en finit pas de tourner...

"Zaune" adopte un style abrupte et efficace pour un maximum de sensations, avec une héroïne sauvage et combative. Plus percutant, tu meurs !

 

Citation

"À peine cinq heures qu'elle est partie à la recherche de Nanar, et elle a aux trousses un flic au regard de prédateur, des truands obsédés sexuels et les malades mentaux de la zone. Pas mal."

 

19 mars 2018

"L'impertinence du mot" d'Hélène Tirole et Jean- Robert Léonidas aux Éditions Riveneuve

Impertinence

 

"L'impertinence du mot" d'Hélène Tirole et Jean- Robert Léonidas aux Éditions Riveneuve

Hélène Tirole et Jean-Robert Léonidas : Ode aux mots

 

L'impertinence du mot

L'impertinence du mot Une femme curieuse et déterminée, ayant pénétré dans les jardins privés des auteurs qu'elle admire, interroge les lettres, les mots, les phrases, la pensée, et donc la nature. Un écrivain tente de répondre librement, à sa guise, en empruntant des chemins inattendus, pleins de surprises et d'humour.

https://www.riveneuve.com

 

Mon Avis Pollar

Hélène Tirole et Jean-Robert Léonidas évoquent ici le mot dans toute sa dimension de manière sérieuse, légère mais aussi avec coeur et grande considération. Ce sont deux univers qui s'interrogent, se répondent et se rejoignent dans et autour de la beauté, de la langue, du phrasé.

Dans une réflexion consentie, digérée, studieuse, libérée, ils nous écrivent ce que le mot n'a pas fini de nous raconter. Il y a une énergie, du rythme et de la mesure qui prend son envol pour nous amener à piquer la surface, pour sonder plus en profondeur...

Ces amoureux des lettres définissent à l'infini et déroulent l'élément du dicible, en se concentrant sur l'invisible. Le mot est au début, celui qui amorce les liens et ouvre la porte des possibles. On assiste à un tour de force poétique, amusant, émouvant, sincère pour tous les conquis de littérature. Il y a impertinence dans ce qui tend le mot et ce qu'il sous-entend. Nous glissons vers un horizon sensible dans l'essence du mot, sa présence, son aspect abstrait-concret, son sens commun à chercher, à définir sans trahir, mais plutôt accomplir, agrandir...

Le mot étonne, détonne, stimule et réalise nos pensées fluides en modelage "créactifs". On ne s'en laisse pas douter...

Citation Pollar

"Je suis tantôt au coeur de l'inexprimé, de l'indicible ou de l'illisible. Ou à l'inverse, créateur de fresques ou faiseur d'illusions."

 

 

Bandeau - Impertinence


16 mars 2018

"Rêves de trappeur" de Rock et Kathryn Boivin aux Éditions XO

Reves-de-trappeur

 

"Rêves de trappeur" de Rock et Kathryn Boivin aux Éditions XO

Rock et Kathryn Boivin : Un récit évadant

 

Rêves de trappeur

Ce jeune homme assoiffé d’aventure, c’est Rock, un Québécois fort en gueule et grand admirateur de Davy Crockett. À dix-huit ans, il lâche tout, ses études, son confort, et part dans le Yukon, sur les traces des pionniers et des chercheurs d’or si chers à Jack London.
Au début des années quatre-vingt, sa route croise celle de Kathryn, une Calamity Jane qui tient tête à tous les machos qui l’entourent. Elle a quitté la Colombie-Britannique pour venir travailler sur des engins gigantesques dans une mine d’or. La rencontre de deux personnalités hors du commun.
Follement amoureux et portés par les mêmes rêves, la même quête d’absolu et de liberté, Kathryn et Rock répondent à l’appel de la forêt et décident de vivre au cœur du « bush », dans le Grand Nord canadien, selon la tradition des « coureurs des bois ».

http://www.xoeditions.com

 

Mon Avis Pollar

Rock et Kathryn nous racontent l'histoire de leur couple qui portent leurs rêves d'aventure et de liberté loin dans le grand Nord canadien. Leur vie, c'est le "bush", les cabanes, leurs chiens de traîneau, se confronter à la nature aussi humblement que simplement...


C'est le témoignage d'un couple hors norme et fort attachant qui nous guide sur le chemin d'un parcours énorme et fascinant. Tous deux en quête d'espace, de vérité, se trouvent et se comprennent pour réunir des projets que beaucoup jugeraient arriérés et un peu fous...

Il y a quelque chose qui se dégage de leur personnalité, une force, un amour, une spiritualité qui les anime et leur permettent de toucher leurs idéaux. Ce n'est pas la facilité qui les intéresse ou le confort, ils sont épris de bien d'autres choses : d'immensité, et de la beauté de la nature. Ils souhaitent la ressentir au plus profond d'eux même, se connecter avec elle et se réaliser...

Le défi est courageux, déroutant... On suit avec beaucoup d'émotion et de curiosité les anecdotes, les péripéties, leurs choix d'être conscients et de "grandir" pleinement. Sur leur route, ils rencontrent l'adversité, la solidarité, l'amitié. Ils éprouvent la rudesse des éléments, ils apprennent de leurs erreurs, à ressentir, à s'adapter, à devenir meilleurs.

L'écriture nous décrit les silences, l'absolu, les paysages. On se sent petit et vulnérable, et on répond à l'appel du grand froid, de la forêt, l'œil en éveil, l'esprit envolé. Rock et Kathryn ont ce petit simplement d'âme, un vécu qui transporte, délivre et illumine. Pour être, ils ont dû composer avec les exigences du milieu à l'état pur, sans jamais se trahir...

Ils nous donnent une belle leçon, une conception de vie. Êtes-vous prêt à faire ce grand voyage à leurs côtés ?

Citation Pollar

"La nature, tu la regardes, tu l'aimes, mais tu ne la comprendras jamais. Je vais en prendre conscience dans les prochains mois. C'est un peu de la magie, quoi. Tout se bouscule dans ma tête, les images de mes rêves d'aventure quand j'étais enfant, les visages de mes proches. J'aurais envie de prendre un haut-parleur surpuissant et de crier dans le ciel pour qu'on m'entende jusque dans la maison familiale : ça y est, j'ai trouvé mon pays !"

 

Bandeau - Reves-de-trappeur

 

15 mars 2018

"Femme de robe" de Michèle Dassas aux Éditions Marivole

Femme de Robe

 

"Femme de robe" de Michèle Dassas aux Éditions Marivole

Michèle Dassas : Un parcours d'exception

 

 

Femme de robe

Le portrait d'une femme d'exception " Robe sur robe ne vaut ", voilà comment un grand nombre de ses confrères avocats accueillirent la prestation de la première femme à avoir plaidé.

http://marivole.fr

 

Mon Avis

Paris, 1892, c'est la première fois qu'une femme française présente sa soutenance en droit. L'évènement fait sensation, dérange même l'ordre établi. Diplôme en poche, Jeanne Chauvin devra convaincre pour plaidoyer et porter haut les couleurs de la femme dans ses valeurs d'équité...


Michèle Dassas retrace la vie et le combat d'une femme de tête au caractère courageux et volontaire. On est fasciné par ce destin de femme remarquable et remarqué.

Épaulée par une mère qui croit en ses enfants et qui leur donne très tôt les armes pour se dépasser, elle travaille avec opiniâtreté. On ne peut que louer ses efforts et son assiduité à s'élever et à bousculer les mentalités qu'elle juge injustes et poussiéreuses. C'est un personnage fort, brillant, une pionnière, une militante pour la cause féminine. Elle conseille, elle soutient, elle enseigne, elle plaide.

L'auteur réussit à donner de la profondeur, du relief à son personnage, en allant au-delà de l'avocate, au cœur et dans l'intimité de la femme. À travers Jeanne, c'est une époque qui glisse et qui mute pour l'acquisition des droits et des libertés. Femme de cœur, femme d'honneur, elle force l'admiration et démontre que rien n'est impossible à force de persévérance et de conviction. On suit ce parcours romancé avec beaucoup d'intérêt et on aime se pencher sur les articles de presse de l'époque à la fin du récit.

Plus qu'un roman, un document, une biographie qui parle de droit, de probité, d'égalité. Dans "Femme de robe", la femme prend la parole, se bat, fait loi au nom de toutes les femmes !

 

Citation

"Elle tient de ses mains un livre ouvert, tout en regardant l'objectif. Dans ses yeux se lisent la satisfaction d'avoir réussi et la détermination. On sent bien que le titre obtenu n'est pas seulement pour figurer sur une carte de visite, mais qu'elle compte bien s'en servir pour plaider... Enfin !"

 

Bandeau - Femme de Robe

14 mars 2018

"Une bonne intention" de Solène Bakowski aux Éditions Bragelonne

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"Une bonne intention" de Solène Bakowski aux Éditions Bragelonne

Solène Bakowski : Une incroyable maîtrise

 


Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce, à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l’école. On imagine le pire, évidemment. Et le pire se produit. Comment croire que tout, pourtant, partait d’une bonne intention ?

http://www.bragelonne.fr

 

Mon Avis Pollar

Tout commence par l'enterrement de Karine, qui laisse son mari Nicolas et leur petite fille Mathilde dans la plus terrible des peines. Un an après sa disparition, l'absente pèse encore dans les esprits des vivants, de bien des façons...


On croit, et on se sent plonger dans le malheur ici avec ce roman, et cela s'avère bien plus terrible encore. Il y a quelque chose de diffus et de confus qui s'agrippe aux branches et qui prend son mal aux racines...

L'absence d'une mère pour la petite "Mati", la déficience d'un père anéanti, la surprotection d'une grand-mère, la bienveillance discrète d'une institutrice, sont autant d'éléments qui s'égrènent et se dispersent pour s'imprimer insidieusement...

L'écriture et le style sont maîtrisés, l'auteur mesure, pèse ses descriptions, décortique la face cachée de ses personnages... On est touché par la sensibilité de Mati, sa fragilité palpable et sa perception singulière des choses. Pour s'extraire d'un quotidien, d'une atmosphère pesante dans laquelle elle étouffe, elle trouve du réconfort dans le lien qu'elle entretient avec sa mère. Quand le monde des adultes fout le camp, Solène Bakowski nous raconte que les enfants ont encore leurs rêves...

Quand Mathilde s'échappe, l'inquiétude s'installe, les doutes s'insinuent, la culpabilité remonte à la surface. Il y a beaucoup de colère dans ce roman, des mauvais choix qui les régissent, des secrets destructeurs. Tout n'est pas tout noir ou tout blanc, mais il y a ce mélange qui complique tout...

On est totalement sous l'emprise de ce roman que l'on ne lâchera pas jusqu'à la fin avec ce sentiment d'immense gâchis, que l'on retient.

Citation Pollar

"Mati sanglote, sa voix se perd dans une larme d'où elle revient plus forte et assurée. C'est la première fois qu'elle en parle vraiment. Et que quelqu'un l'écoute. Car entre la souffrance de sa mère et celle de son père, il n'y a pas eu beaucoup de place pour la sienne."

 

Bandeau - une-bonne-intention

13 mars 2018

"Les limbes" d'Olivier Bal aux Éditions De Saxus

 Les Limbes

 

 

"Les limbes" d'Olivier Bal aux Éditions De Saxus

Olivier Bal : Un roman préoccupant

 

 

Les Limbes

De Saxus (@DeSaxus) | Twitter

Viêtnam, 1970. James Hawkins est une jeune recrue. Durant un assaut, il prend une balle dans la tête et croit mourir. Après un mois de coma, et tandis qu'il essaie de se rétablir dans un hôpital de Saigon, il découvre que quelque chose s'est éveillé en lui. Ses nuits deviennent des épreuves, son sommeil et ses rêves ne lui appartiennent plus. Désormais, lorsqu'il dort, il visite les songes des autres...

https://twitter.com

 

Mon Avis Pollar

Viêtnam 1970, rescapé d'une attaque militaire, James se réveille après un mois de coma. De drôles de rêves se manifestent dés lors, au cours de ses nuits...


Olivier Bal nous propose ici de se pencher sur le sommeil, une mécanique complexe, une porte ouverte sur les rêves et leurs mystères.

Après son accident, james Hawkins est spectateur de manifestations troublantes, ses rêves aussi insaisissables soient-ils, lui échappent et le rapproche de l'incontrôlable. Entrer dans l'intimité, la vie des autres chaque nuit le fragilise, le rend vulnérable. Pour la C.I.A, il est l'élément d'un projet d'expérimentation secrète "Les limbes" qui ne fait que commencer.

Ce roman nous plonge vers le diffus, l'indescriptible, l'enfer et le méconnu. L'écriture est très addictive, elle nous précipite très vite dans une angoisse et nous maintient dans une adrénaline constante et jaillissante. On vit les expériences de James avec curiosité et appréhension. Ce qu'il nous amène à voir nous sidère et ne nous surprend qu'à moitié. On éprouve un sentiment de malaise. On est attiré par l'énergie de l'inconscient, du contrôle, de la peur, du danger. On se rapproche du domaine de la science, de la légende, du symbolique. On se laisse entraîner dans un scénario qui s'enraye et s'accélère sous nos yeux qui ne lisent plus que le sang, la mort, le cauchemar.

Le récit est infaillible, prégnant, il nous absorbe tout entier. Et si, nous ouvrions des portes pendant notre sommeil et que nous allions trop loin... Que se passerait-il ?

Avec ce roman, vous rentrez en zone illimitée, à vos risques et périls !

 Citation Pollar

"Les journées sont longues, interminables. Les infirmières me disent que je devrais me reposer, dormir. Mais je ne veux pas. Je ne peux pas..."

 

La nouvelle maison d'édition De Saxus nous présente ici leur premier roman "Les Limbes", un Thriller à découvrir.

Venez découvrir leur page Facebook

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12 mars 2018

"Un amour de liberté" de Nathalie Salmon aux Éditions Baker Street

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"Un amour de liberté" de Nathalie Salmon aux Éditions Baker Street

Nathalie Salmon : Un récit intéressant

 

Un amour de liberté

UN AMOUR DE LIBERTÉ Nathalie Salmon New York, années 1860. Jeune immigré juif et lorrain au courage fécond, Adolphe Salmon connaît une réussite fulgurante. Un ardent amour le lie bientôt à une lumineuse Américaine d'origine allemande, Sarah, au port de reine et aux yeux diaphanes, moderne avant l'heure.

https://editionsbakerstreet.com



Mon Avis Pollar

Tout le monde connaît le monument le plus célèbre des États-Unis : la statue de la liberté. Une statue monumentale qui incarne l'espoir de se construire, s'émanciper. Mais derrière le symbole, il y a l'histoire d'une rencontre, sans laquelle rien n'aurait été possible...


Nathalie Salmon se rapproche de la légende, dévoile les coulisses de ce monument et honore ses ascendants témoins d'une époque émergeante.

Ici, c'est Adolphe Salmon à qui l'auteur, a choisi de donner la parole pour étayer son récit. C'est un voyage dans le temps qui nous est offert, une aventure romanesque autour de l'amitié, la vie, la construction. Fantasme ou réalité, on se plaît à penser à la personnalité, inspirée derrière cet édifice, détenteur de biens des fiertés. On traverse et on mesure les années de travail nécessaires à l'élaboration et la réalisation d'un projet considérable et ambitieux.

Mais on accompagne aussi un climat historique, d'immigration, des hommes et des femmes venus chercher un sentiment neuf et d'ouverture au monde. Ce cadeau du peuple français aux États-Unis, confié au sculpteur Auguste Bartholdi devient l'emblème de toute une nation. Le visage de l'icône de la liberté a pu être inspiré par Sarah l'amour ardent, l'épouse d'Adolphe : une femme admirable et d'exception.

Ce récit nous transporte vers quelque chose de plus intime, offrant une autre dimension et l'occasion, peut-être de raviver la flamme ?

Citation Pollar

"Quand son visage dominera New-York à la fin de l'année, nul autre qu'elle, moi et le sculpteur ne le saura. Plus quelques ouvriers qui n'en ont cure. Non que la statue ne soit pas ressemblante, elle est même saisissante, mais elle est si puissante dans sa présence et sa gravité que personne n'y pourrait trouver la femme sous le symbole. C'est bien là le génie de Bartholdi. Sarah lui a prêté un visage au moment où elle n'en avait pas encore et la force de l'artiste justement a consisté à faire oublier celui de son modèle."