18 septembre 2018

"Le grogneux" d'Iris Rivaldi chez NDB Éditions

Le Grogneux

 

"Le grogneux" d'Iris Rivaldi chez NDB Éditions

Iris Rivaldi : Une belle mise en bouche

 

Le Grogneux

Une femme marche dans une rue sombre quand elle heurte un objet sur le sol. Elle est effrayée et cherche aussitôt de l'aide à la porte la plus proche...

C'est ainsi que débute ce polar avec l'entrée en scène d'un commissaire de police plus qu'atypique qui a été bercé par les grands noms de la maison Poulaga. Javert, l'inspecteur Bourrel, Columbo sont d'ailleurs ses maîtres à penser. Il ne s'est pas non plus remis de l'émoi sensuel éprouvé à la lecture des aventures de Malko Linge, le héros des SAS qui a enflammé son adolescence. Au fil du récit, ce flic de choc au flair réputé infaillible révélera aussi une personnalité sensible, un brin romantique...

http://www.ndbeditions.com

 

Mon Avis Pollar

Tout commence par la découverte d'un escarpin bleu, une femme effrayée et la rencontre avec un commissaire pas tout à fait comme les autres... Le grogneux, alias Paul, accuse un quotidien difficile et par ailleurs un caractère insoupçonnable...

Paul Berger est un vieux de la vieille, à 58 ans, sa carrière repose sur son intuition, son travail d'analyse et de déductions. À la fois nostalgique d'une époque et en admiration pour les méthodes scientifiques d'aujourd'hui ; il prend conscience de son rôle et de ses limites.

Iris Rivaldi nous propose un polar franchouillard, très abordable. Ici, pas de bling-bling, mais la réalité d'une société qui vacille, se perd et s'époumone... L'écriture est directe, il y a beaucoup de dialogues qui créent une réelle proximité. On suit le quotidien de ces hommes de la police avec curiosité bien sûr, mais également avec intensité. On aime entrer dans leur tête, dans leur intimité parce que cela nous les rend plus crédibles, plus humains. On oublie trop souvent que derrière l'uniforme, la rigidité apparente : Il y a de l'amour, de la souffrance, des émotions. Les affaires se succèdent imprimant une trace dans leur vie, à la rencontre de désaccord, de soutien.

On est fasciné par l'expression étrange des actes de nos pairs et leur somme toute banalité. On est touché par le sérieux, la sensibilité et plus encore par la lucidité du grogneux. Un peu hors norme et parce qu'il a de la cuisse, il est définitivement attachant.

Ce héros a peut-être bien des choses à nous dire et on n'a pas envie de le quitter. Rendez-vous pris bien sûr, la suite arrive dans d'autres épisodes...

Citation Pollar

"L'une de mes principales qualités est la ténacité. D'ailleurs, les meilleurs flics n'abandonnent jamais. En plus, ce n'est pas à un vieux singe qu'on apprend à faire la grimace. Je suis de la race de Javert, celui des Misérables, tout en espérant toutefois être un peu plus subtil."

A propos de l'auteur Pollar

 

Ce que je retiens

Un polar rapide d'amorce. Une atmosphère électrique, menaçante qui ne s'arrête jamais. Des personnages qui ne demandent qu'à être explorés

 

Petit bémol


Une approche un peu mouvementée, un héros en retrait. Un sentiment de rester sur ma faim à la fin du récit

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17 septembre 2018

"L'invention du grand écrivain" de Joseph Vebret aux Éditions Marivole

 

Invention

 

"L'invention du grand écrivain" de Joseph Vebret aux Éditions Marivole

Joseph Vebret : Un joli collectif

 

L'Invention du grand écrivain

Dans les coulisses des grandes œuvres littéraires. Le XIXe siècle voit naître le roman tel que nous le connaissons aujourd'hui. Auparavant, il était considéré comme un art mineur, un " fourre-tout " inférieur à la poésie et au théâtre, dont la codification est jalousement défendue par les " Classiques ".

http://marivole.fr

 

Mon Avis Pollar

Pour comprendre ce qu'est le roman d'aujourd'hui, il faut se pencher sur les classiques d'hier.

Joseph Vebret a réuni pour nous le meilleur des auteurs du dix-neuvième avec des œuvres que tout le monde connaît, si ce n'est, de nom. C'est un plaisir de découvrir ou redécouvrir ces écrivains de renom, à travers leur époque, leur histoire et autres anecdotes.

C'est ici un recueil de biographies, d'œuvres et un bien bel hommage rendu à la littérature. Un livre que l'on aime feuilleter, lire et conserver dans sa bibliothèque.

L'écriture est un peu formelle, didactique, néanmoins elle a le mérite d'informer, de condenser l'essence de l'inspiration et du travail accompli. On y fait un voyage instructif, intrigant, que l'on était loin de soupçonner de prime abord.

Un ouvrage à consulter à loisir, pour le plaisir d'appréhender l'univers du roman.

 

"Spectaculaire épopée historique, "Ben-Hur" est avant tout le roman de la vengeance, de la rédemption et de la conversion. Une aventure dans la veine romantique, épique, historique, spectaculaire, parfois même légèrement érotique."

"Baudelaire, né trop jeune dans un siècle trop vieux, mène une vie à contre-courant des valeurs de l'époque. Dans sa conception, l'amour ne peut-être que tragique, coupable parce qu'il porte en lui le goût du péché, voire une promesse de damnation."


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14 septembre 2018

"A l'ombre du cloître de Salles" de Damien Corban aux Éditions Héraclite

A-l-ombre-du-cloitre-de-Salles

 

"A l'ombre du cloître de Salles" de Damien Corban aux Éditions Héraclite

Damien Corban : Une profondeur mystique

 

A-l-ombre-du-cloitre-de-Salles


1270. Grelonges. Je suis sur la grève, au bord de la Saône. Mon enfant se serre contre la chaleur de mon sein.
Vous avez péché Eulalie, tonne le prieur derrière moi. Vous avez péché ! répète-t-il. Et le monastère ne saurait accueillir le fruit de votre péché. Tuer mon enfant. Occire de mes mains le fruit de mes entrailles. Mes larmes coulent, embuent la surface de mes yeux.
Comment partir vraiment, comment atteindre le ciel, l'éternité, quand on a durant sa vie abandonné ce au quoi on tenait le plus, là, au bord du chemin ?...

 

Mon Avis Pollar

Grégoire est professeur de philosophie à la fac en région lyonnaise quand un livre, un vieux monsieur viennent bousculer sa vie, ses perceptions, sa manière de penser...

C'est un roman troublant, envoûtant, en territoire beaujolais et sur les traces de son passé. Damien Corban nous y invite à passer un moment trouble, évaporé par une petite porte dérobée.

Il y a une moiteur qui se dégage du roman, quelque chose d'impatient, de mystérieux. L'écriture est fabuleuse, captivante. On se laisse immerger volontairement dans un univers qui nous échappe et nous fascine. L'histoire est forte, les personnages incarnent une présence, irradient dans la matière. Il y a une énergie à délier. Il y est question de croyance, de cœur, d'immatériel, d'inexplicable. Grégoire est hanté par ses visions, lutte contre ses peurs, son ignorance. Un certain passé l'obsède, le déstabilise. Mais peut-être est il le présent capable de libérer le passé ?

Son chemin nous dirige au-delà de la réflexion, de l'intime, de l'universel. Il y a une spiritualité, une mémoire qui transpire des mots. Eulalie nous transperce, nous émeut, à travers Grégoire, elle s'ouvre à nous.

C'est un récit intense, foudroyant, lumineux où s'opposent des forces qui devraient plutôt se compléter, s'unir. Pas de loi, de Vérité, mais une ouverture propice à la paix et à l'Amour...

Citation Pollar

"Je suis le bourdonnement des insectes, le vrombissement des moucherons ; je suis la mousse sur les cailloux, le bois qui craque sous les pieds. Mais toujours, il ne me voit pas."



Ce que je retiens


Une immersion en terres Beaujolaises. Un passé historique, religieux, évanescent. Des personnages habités.

 

Petit bémol


Un roman qui mérite plusieurs lectures pour s'en imprégner, y discerner de nouveaux éléments...

 

13 septembre 2018

"Ma bête" de Jean-François REGNIER aux Éditions Librinova

Ma bête

 

"Ma bête" de Jean-François REGNIER aux Éditions Librinova

Jean-François Regnier : Un thriller édifiant

 

Ma Bête - Jean-François REGNIER

Ma Bête, c'est ainsi que Weston Forrester surnomme Duncan Smith qu'il capture à Boston, sur le parking d'une station-service.
Le ravisseur veut faire de sa victime le meurtrier qu'il n'a pas le courage de devenir.
Weston Forrester a tous les atouts pour mener le jeu et faire de Duncan Smith un criminel.
La rencontre de ces deux hommes, dans un face à face tendu, va les amener à se découvrir aux limites de leurs forces et de leurs valeurs respectives.

https://www.librinova.com

 

Mon Avis Sang

Weston Forester croit avoir trouvé l'homme qu'il lui faut en Duncan Smith. Son enlèvement est pour lui, l'ébauche de plans criminels dont il détient le secret...

Weston Forester est un homme tourmenté par ses humiliations passées, il y a quelque chose de dangereux, d'enfoui et pourtant, il n'assume pas...

C'est sa vengeance, son désir de contrôler qui va le porter jusqu'à l'insidieux, l'incontrôlable. Sa relation à l'autre est tronquée, biaisée. Ses plans sont pensées, orchestrées, machiavéliques. Jean-François Regnier nous propose un thriller froid et pervers. Chaque personnage prend la parole à tour de rôle, nous imprégnant de leurs pensées, de leurs sentiments. Il y a un rapport malsain qui est instauré et qui s'installe, un jeu de dupe, de pouvoir fou. Weston a une personnalité trouble dont on ne mesure pas assez les effets. Duncan est une victime choisie, décortiquée, avilie, mise sous pression. Tout est calculé et rien ne se passe comme prévu...

L'écriture est fluide, oppressante. On est gagné par la noirceur, la souffrance des personnages, mais aussi par leur désir de s'échapper de leur situation, d'en finir... La machine s'enraye, vient la peur d'un côté, l'espoir de l'autre... Les masques tombent, les limites transgressées ne peuvent définitivement aller plus loin... On a signé le point de non-retour.

Les dégâts sont irréversibles, nombreux, inavouables et pour la police ainsi que les journalistes, complexes à élucider.

Un récit psychologique détonnant et qui laisse des traces et d'infinis questionnements...
 

Citation Sang

"Il n'y a que moi qui compte et il compte sur moi. Ce sont ses motivations permanentes. Du moins, c'est ce qu'il me répète."

 

Bandeau - Ma bête

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12 septembre 2018

"La rose et le bourreau" de Patrick Pesnot aux Éditions l'Archipel

La rose et le bourreau

 

"La rose et le bourreau" de Patrick Pesnot aux Éditions l'Archipel

Patrick Pesnot : Un roman séduisant

 

La rose et le bourreau

Cancale, milieu du xviiie siècle. Orpheline de mère et fille de capitaine, Julienne ne supporte plus sa marâtre. Résolue à changer de vie, elle décide un jour de couper ses cheveux, en le les vêtements de son frère et se fait appeler… Henri.
En route vers Paris, la garçonne vit d’expédients, dort à la belle étoile et se fait connaître de la maréchaussée en laissant pour mort un aubergiste émoustillé par son androgynie… Elle est recueillie par un jeune abbé aussi bon qu’avenant. Arrivée à Paris, à court de ressources, elle cède aux avances d’un sergent recruteur qui l’engage dans l’armée du roi sous le sobriquet de « Sans-Souci ». La voilà engagée dans la campagne de Bohème, à travers Vosges et Forêt-Noire...

http://www.editionsarchipel.com

 

Mon Avis Pollar

Milieu 18ème siècle, Cancale : Julienne au caractère affirmé et indépendant décide de quitter son foyer sur une dispute de trop avec sa belle-mère. Désormais, elle se fait appeler Henri et va au-devant de bien des aventures...

Patrick Pesnot nous propose ici un roman historique, sous le signe de l'aventure, de la liberté. Il y a quelque chose d'insolent, d'exaltant dans ce récit qui nous fait vivre d'intenses émotions.

On aime par-dessus tout le personnage de Juliette impétueux, vif, curieux. Il y a chez elle, une attraction sensible qui aimante ceux qui la frôle, la devine. Intelligente, elle brille par sa capacité à se fondre dans le décor, à s'adapter. Son chemin est semé d'embûches, de souffrance, de mort, de passion. Travestie en homme, elle jouit des charmes des deux sexes avec une infinie sensualité et une décontraction totale. Julienne est contrastée mais entière. Capable de se battre, de tuer, d'infliger des sévices, toujours consciente de ses actes et bien pourvue de sentiments. Julienne est désirée, désirable et profondément humaine. Loin des siens, elle s'émancipe, se cherche, s'expose, grandit...

Sa vie est secrète, mystérieuse, outrageante peut-être, mais surtout affranchie, exceptionnelle. L'écriture est fluide, enveloppante, romancée mais pertinente. Au cours de notre lecture, on se laisse convaincre, séduire pour petit à petit lâcher-prise.

Avec Julienne, on voyage, on éprouve, on s'égare avant de retourner sur ses pas. Un roman virevoltant, dangereux aussi passionnant que passionné. À découvrir absolument !

Citation Pollar

"Elle avait l'impression que sa vie défilait sans qu'elle pût la maîtriser. Elle errait, tel un bouchon sur la vague, se laissant ballotter au gré de ses rencontres et de ses déambulations. Mais n'en était-il pas ainsi depuis qu'elle avait fui la maison paternelle ?"


 

Ce que je retiens

Une héroïne forte, libre, séduisante. Un récit fiévreux, volcanique.

 

Petit bémol

La romance omniprésente qui dévore Julienne au détriment de sa volonté, de sa raison et d'elle-même.

Bandeau - La rose et le bourreau

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10 septembre 2018

"La fille du maître de Chai" de Kristen Harnisch aux Éditions l'Archipel

Chai

 

"La fille du maître de Chai" de Kristen Harnisch aux Éditions l'Archipel

Kristen Harnisch : Une fresque inoubliable

 

La Fille du maître de chai

1895. Sarah Thibault, 17 ans, vit avec ses parents et sa sœur Lydie dans le Val de Loire, où la famille exploite un vignoble.
À la suite du décès de son époux, la mère de Sarah est contrainte de vendre le domaine à une famille de négociants, les Lemieux, dont le fils aîné épouse Lydie.
Mais une nouvelle tragédie oblige les deux sœurs à quitter la France. Sarah, qui n’a pas abandonné son rêve de devenir viticultrice, gagne la Napa Valley, en Californie.
Sur place, elle fait la connaissance d’un certain… Philippe Lemieux, qui s’est lui aussi lancé dans l’aventure viticole.
Les deux Français décident d’associer leurs talents. Mais les affaires et l’amour peuvent-elles faire bon ménage ? D’autant que Sarah cache un indicible secret…
Dans la lignée des romans de Tamara McKinley et Sarah Lark, le destin d’une jeune femme courageuse qui n’a d’autre choix que l’exil pour réinventer sa vie.

http://www.editionsarchipel.com

 

Mon Avis Pollar

1895, pour Sarah la perte de son père signe également le renoncement au domaine familiale viticole. Contrainte de partir pour la Californie, elle ne perd jamais espoir de vivre de sa passion et de reconquérir un jour son héritage perdu...

C'est un destin exceptionnel que celui de Sarah, qui rencontrera très tôt tous les obstacles. On s'éprend très vite de sa personnalité toute fraîche et cependant très affirmée.

On sent très vite que cette "petite" sait ce qu'elle veut, n'a pas peur de le dire et n'a pas froid aux yeux. Loin d'être fragile, elle prend sa vie en main et celle de ses proches quand les circonstances l'exigent. Elle créé la sympathie autour d'elle, force le respect. Son parcours est atypique, cicatriciel. On aime la romance interdite qui la lie avec Philippe et on se laisse emporter par elle...

L'écriture est enlevée, passionnée et décrit l'univers des vignes avec précision. Notre cœur est malmené, subit des secousses tout au long du roman, sans aucun moment de flottement. Sarah nous émeut jusqu'au bout par sa ferveur, son absence de calcul, sa spontanéité. Les épreuves se succèdent, l'exil apparaît nécessaire, comme une question de survie. Sarah porte ses secrets enfouis au plus profond d'elle-même jusqu'au jour où l'amour, la vie prend le dessus.

On est submergé par l'émotion qui se dégage, cette atmosphère délicate qui complique tout.

C'est un récit-tiraillement où l'émotionnel domine. Une histoire exceptionnelle, un très bon cru.

Citation Pollar

"Elle se rendit compte, ainsi là sous la figure de Sarah Landry, qu'elle tenait les rênes de sa propre vie. Tant qu'elle garderait cachée sa véritable identité, elle serait libre de faire ce que bon lui semblerait dans ce coin du monde."

 

Ce que je retiens


Un destin de femme courageux. Une romance interdite, un environnement, un terroir à couper le souffle.

Petit bémol

Un déroulement dont on devine les aboutissements, une fin attendue, convenue.

 

Bandeau - Chai

07 septembre 2018

"Le temps d'une île" de Thierry Clech aux Éditions Ateliers Henry Dougier

Le temps d'une ile

 

"Le temps d'une île" de Thierry Clech aux Éditions Ateliers Henry Dougier

Thierry Clech : Une jolie plume

 

 

Le temps d'une ile

Qui, à travers le temps, a contemplé cette île à l’horizon ? Qui, il y a un siècle, 300 ans ou plus d’un millénaire a arpenté cette côte, a foulé cette plage ? Des anonymes, des personnages célèbres ? Qui y est né, qui y est mort ? Dans quelles circonstances ? Des hommes s’y sont entretués et des couples s’y sont embrassés. Certains y ont laissé des regrets. D’autres ont pu y infléchir leur destin.

Thierry Clech a imaginé quelques-unes de ces vies, de l’âge de pierre jusqu’au siècle futur, offrant ainsi une surprenante histoire de l’humanité.

http://ateliershenrydougier.com

 

Mon Avis Pollar

Au départ, il y a une île dans toute sa substance, dans son insolente intégrité ; puis vient la faune et cette mystérieuse humanité. Du commencement à la fin, l'île se raconte à travers les époques et le regard profond, brûlant de ses contemporains...

Avec "le temps d'une île", Thierry Clech nous subjugue, nous étonne. On traverse avec lui les grands courants d'histoire qu'ont vécus les hommes, au milieu d'un point défini qui est l'île.

L'écriture est belle, puissante, passionnante et on se laisse imprégner par les mots. Les narrateurs se succèdent, laissant une empreinte de leur histoire, du patrimoine existant, évoluant. C'est un voyage chronologique, curieux, documenté, imaginé qui se joue entre le réel et le fictif. La métamorphose se passe à la vitesse éclair à l'image d'une vie. Y défilent, les hommes emportés entre guerres et passions, soustraits à leur quotidien. On est ébloui par la force des éléments, la beauté du site, la magie et la poésie qui s'en dégage. Le destin du lieu est lié à l'activité humaine de manière incontrôlable, inéluctable.

On se laisse happer par les flots de condensés d'aventure, et on en éprouve à la fois la mesure... Il y a un constat doux-amer à observer, vivre et perdre quelque chose de merveilleux et que l'on a cru acquis. C'est peut-être l'occasion d'une réflexion, d'un recul à l'échelle d'un point précis à observer...

Ici, on vit, on meurt, on guerroie, on vibre dans une course folle après le temps.

Et on ne nous épargne pas, le temps s'en va, s'enfuit pour ne laisser qu'une trace discrète, enfouie...

Citation Pollar

"La Terre, me dis-je, était-elle autre chose que la somme des souvenirs que les humains y avaient laissés ? Et où était la vérité d'une vie ? Au début ? À son milieu ? Ou à l'approche de sa fin ? Et s'il n'y avait plus de fin ?"

 

Ce que je retiens :
Une écriture sublime, des chapitres qui s'adaptent instantanément aux moments qu'ils racontent. Ici, on va à l'essentiel.

Petit bémol : 

Concis mais pas assez précis. On aurait juste envie de s'attarder plus, creuser un peu plus l'environnement, les personnages...

Bandeau - Le temps d'une ile

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06 septembre 2018

"A fleur de peau" de Saverio Tomasella aux Éditions Leduc.s

A fleur de peau

 

"A fleur de peau" de Saverio Tomasella aux Éditions Leduc.s

Saverio Tomasella : Un roman tout en douceur

 

 

À fleur de peau

À fleur de peau - Le roman initiatique des hypersensibles - Saverio Tomasella (EAN13 : 9791028508500)
Livre papier : format 150 x 210 ; 224 pages : 15,00€
eBook (livre numérique) [ePub + Mobi/Kindle + PDF] : 5,99€

 

Mon Avis Pollar

À la trentaine, Flora ne comprend pas ce qui lui arrive, tout l'atteint très vite et profondément. Pour aller mieux, elle va devoir prendre conscience d'elle-même et apprendre à apprivoiser sa vulnérabilité pour en faire une vraie force.

Avec Flora, on découvre une personnalité enfouie sous des strates bien dissimulées et qui ne demandent qu'à se dévoiler, s'exprimer. Au fil des années, Flora s'est oubliée pour donner à l'Autre ce qu'il attendait...

C'est la rencontre avec le yoga, la méditation qui vont révolutionner son petit univers, lui faire changer sa vision des choses, pour s'ouvrir à elle-même et à la vie. On la suit avec attention dans son cheminement qui nous touche. Son réveil est lumineux, ressourçant. On intériorise son changement avec beaucoup de réflexion et d'émotion.

L'écriture est fluide, agréable et glisse toute seule. On se laisse volontairement guider vers un état de conscience plus libre, plus vrai. Petit à petit Flora se dévoile, prend confiance, ose et va de l'avant. Dans un déroulement qui lui est propre, elle explore les possibilités qui lui sont offertes pour ne retenir que ce qui lui convient. Et ça marche !

C'est un roman sur l'hypersensibilité, bien construit, une excellente définition. Avec Flora, on fait un très beau voyage, à la fois tendre et puissant. On ouvre des portes, on visualise de pistes, et on a envie comme elle, de se libérer !

 

Citation Pollar

"Perdre mon temps ? Bien au contraire ! Il m'a fallu plus de trente ans pour le comprendre, mais maintenant, je sais que le meilleur moyen d'avancer est justement de m'accorder du temps pour faire le point."

 

Bandeau - A fleur de peau

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04 septembre 2018

"Le crépuscule des ronces" de Michel Philippo aux Éditions Marivole

le crepuscule des ronces

 

"Le crépuscule des ronces" de Michel Philippo aux Éditions Marivole

Michel Philippo : Un roman sensible

 

Auteur : Michel Philippo
Format : 140 x 225 mm - 144 pages 17,90 €
Le Crépuscule des ronces Deux couples, deux histoires parallèles qui disent les trahisons, les échecs et les fêlures de nos vies ordinaires ; deux récits qui s'imbriquent et se superposent, témoignant par cette architecture de la tragique complexité des rapports humains.

http://marivole.fr


Mon Avis Pollar

Un romancier tourmenté par ses personnages, sa vie personnelle, va à la rencontre d'un ami, de sa maladie pour aller à la quête de vérité, de l'essentiel...

Tout le talent de ce roman repose dans les mots, la finesse et la puissance de ce qu'ils expriment. On est pris dans ce tumulte de vie qui dit le déclin, la rupture, le chagrin.

Dans un contexte qui transpire le délitement, l'amitié est une valeur sûre, celle à laquelle on se raccroche. La réalité se superpose à la fiction, s'enlaçant, s'embrassant, se répondant dans l'indicible évidence du temps qui passe.

L'écriture fait le reste, habile, maîtrisée, fluide. Elle nous surprend par son élégance, sa poésie subtile. Fanch et Mike ont dépassé le stade des secrets, de la pudeur. Ensemble, ils vont réaliser le voyage ultime, la conquête d'un bonheur idéal, tactile, indispensable. Impossible de ne pas se suspendre à cette réalité, de la ressentir profondément et d'être ému par elle. Entre eux, rien ne s'oppose, tout s'impose à eux même. Leur dialogue est évident, pur, magnifié par le verbe, la plume vibrante, inspirante, inoubliable.

Ce qui reste : les affinités, les liens, l'énergie, la capture des mots...

Citation Pollar

"Nous avons tout écrit. Chacun sait l'autre aussi bien que soi-même."

 

Bandeau - le crepuscule des ronces

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30 août 2018

"Incontrôlable" de James Patterson et David Ellis aux Éditions l'Archipel

Incontrolable

 

"Incontrôlable" de James Patterson et David Ellis aux Éditions l'Archipel

James Patterson et David Ellis : Dangereux et survolté

 

Incontrôlable

Le cadavre d’une très belle femme
 
Ben Casper n’aurait jamais imaginé retrouver le corps de Diana, sa meilleure amie, une agente de la CIA, au pied de son immeuble. Elle se serait jetée par la fenêtre de son appartement. Suicide. Affaire classée.
 
Retrouvé au bas de son immeuble
 
Pourtant, Diana, dont Ben était secrètement amoureux, n’avait a priori aucun motif d’en finir avec la vie… Journaliste d’investigation, Ben pressent qu’on a cherché à la faire taire.
Peut-il mettre La maison blanche en danger ?
 
Bientôt, il va mettre au jour un complot qui pourrait impliquer les plus hautes instances du pouvoir. Mais, à trop approcher la vérité, c’est sa propre vie que Ben met en danger. Certains secrets ne doivent pas être ébruités…


http://www.editionsarchipel.com

 

Mon Avis Sang

Ben Casper stupéfait par la mort de Diana, agente de la CIA, ne semble pas croire à son suicide. C'est quand il décide de creuser plus loin qu'il met les pieds dans quelque chose qui lui échappe et de dangereux...

Tout débute par un suicide, à moins que cela soit une mise en scène ?

Ben Casper se pose très vite beaucoup de questions. Pourquoi ?

Était-elle menacée ? Par qui ?

C'est le début pour lui d'une traversée du désert qui n'en est qu'à son commencement.

Sur son chemin, de la peur, du risque, une escalade dans les émotions. C'est à la fois haletant et totalement incontrôlable. Ben est un peu à part et nourrit son aventure de digressions cinématographiques plus ou moins inattendues. En parallèle, on réalise que le passé de Ben cache de douloureux secrets. Le récit va du cent à l'heure, les soupçons s'accumulent, les éléments gênants sont un à un écartés.

L'écriture est rythmée, précipitée et ne laisse que peu de temps pour souffler. On s'accroche à du lourd, à du chantage, à un complot politique. Ben a le don de se mettre en mauvaise posture pour notre plus grand plaisir de lecteur. Il y a des vérités qui ne sont pas toutes bonnes à connaître, quand il est question de protéger sa peau...

Un roman périlleux, divertissant et plein de surprises. James Patterson reste un maître en matière de suspens, c'est indéniable !

 

Citation Sang

"Un meurtre peut être maquillé en suicide, un suicide maquillé en meurtre."

 

Bandeau - Incontrolable